Capgemini, l’ICE et le marché des exploits
ump — Un mot de passe pourri recent 2026-02-08 · Voir sur Substack ↗
On s'indigne pour Capgemini et l'ICE. Mais le marché des 0-day à 2,5M$ l'exploit iOS ? Silence. L'indignation est sélective : elle s'arrête où la tech redevient invisible. https://unmotdepassepourri.substack.com/p/capgemini-lice-et-le-marche-des-exploits
1/ L'affaire Capgemini/ICE choque. Outils de ciblage, contrats massifs, KPI sur des humains. Normal. Mais cette indignation révèle surtout notre angle mort collectif : on tolère la violence tech tant qu'elle reste abstraite.
2/ Zerodium paie 2,5M$ pour une chaîne 0-day iOS. 1M$ pour Android. Ces exploits ne sont jamais divulgués aux éditeurs. Ils sont stockés, vendus à des États, intégrés dans des arsenaux offensifs. Aucune protestation.
3/ Ce marché rémunère : - La furtivité - La non-détection - La capacité d'opérer avant tout correctif Pas la sécurité. L'intrusion persistante. Juridiquement flou. Techniquement opaque. Politiquement déconnecté de victimes visibles.
4/ Pourquoi cette différence ? Capgemini + ICE = des visages, des arrestations, des conséquences lisibles. Le marché des exploits = infrastructure invisible, clients anonymes, victimes potentielles mais non identifiées.
5/ L'indignation sélective ne porte jamais sur la violence elle-même. Elle porte sur sa *visibilité*. On accepte des infrastructures entières de surveillance et d'intrusion — tant qu'elles restent techniques, sans visage.
6/ Dual-use, recherche offensive, "cyber threat intelligence" : autant d'euphémismes pour normaliser des pratiques que personne ne défendrait publiquement si elles étaient rendues visibles.
7/ L'affaire Capgemini n'est pas une exception morale. C'est un révélateur de ce que nous choisissons, collectivement, de ne pas regarder ailleurs. Le vrai scandale : ce qu'on tolère quand ça reste dans l'ombre. https://unmotdepassepourri.substack.com/p/capgemini-lice-et-le-marche-des-exploits
Zerodium paie 2,5M$ pour un 0-day iOS. Pas pour le corriger : pour qu'il reste secret, exploitable, non divulgué. C'est un marché structuré, rentable, avec grille tarifaire publique. Mais personne ne manifeste devant leurs bureaux.
L'indignation pour Capgemini/ICE est légitime. Mais elle révèle surtout qu'on tolère parfaitement la surveillance et l'intrusion offensive — tant qu'elles restent abstraites. Le problème n'est jamais la violence. C'est sa visibilité.
On veut "responsabiliser" les ESN sur l'éthique de leurs contrats. Mais on laisse tourner un marché mondial de 0-day à plusieurs millions l'unité, sans client public, sans divulgation, sans débat. L'éthique cyber, c'est juste du PR sélectif.